Un mur de clôture qui se fissure après les grosses pluies n’a pas toujours été mal construit. Vous vous demandez si la barbacane d’un mur de clôture vous concerne.
Je vous explique à quoi elle sert et où la poser.
Barbacane dans un mur de clôture : évacuer l’eau sans pression
Rôle et limites
Une barbacane, c’est une ouverture traversante, souvent munie d’un petit tube. Elle laisse sortir l’eau restée derrière un mur et réduit ainsi la poussée de l’eau sur la maçonnerie. Elle contribue à limiter les risques de fissures, de bombement ou de basculement.
Sur un terrain à peu près plat, avec un sol perméable et sans terre humide retenue derrière le mur, l’eau ne s’accumule généralement pas derrière une clôture classique. Vous n’avez donc pas forcément besoin de barbacane. Si le mur retient des terres ou reçoit les eaux d’un terrain en pente, un drainage adapté s’impose. Une barbacane peut y contribuer, mais ne doit pas être l’unique voie prévue pour l’eau.
- Rôle principal : réduire la poussée de l’eau sur le mur.
- Rôle secondaire : évacuer localement l’eau d’un remblai drainant ou d’un soubassement.
- Point faible : un simple trou se bouche vite si la terre fine arrive directement contre le tube.
- Point de vigilance : l’eau doit rejoindre un exutoire sans stagner au pied du mur ni gêner le voisin.
Quand le mur devient-il un soutènement ?

Un mur sépare deux niveaux de terre différents. Dès lors, il travaille comme un soutènement. Cette différence peut venir d’une pente naturelle. Elle peut aussi venir d’un décaissement pour une terrasse. Parfois, c’est un remblai ajouté derrière la clôture qui la crée.
Demandez-vous si votre mur est concerné lorsque :
- le terrain amont est plus haut que le terrain aval ;
- le mur empêche une butte ou un remblai de glisser ;
- un soubassement retient de la terre sur toute sa hauteur ;
- les eaux de pluie filent naturellement vers l’arrière de la maçonnerie.
Le rôle de soutènement détermine le drainage du soubassement
Quand faut-il drainer le soubassement ?
Le drainage s’impose quand la face arrière du soubassement touche une terre humide. Il s’impose aussi quand le terrain amont dépasse la hauteur de la partie extérieure. Même légère, la clôture posée au-dessus ne change rien. La plaque se comporte comme une petite paroi qui retient l’eau.
Le risque grimpe avec :
- un sol argileux ou limoneux, qui laisse passer l’eau très lentement ;
- un terrain en pente orienté vers la clôture ;
- l’absence de gouttière ou de caniveau pour les eaux de toiture ;
- un mur implanté dans une zone basse, souvent humide.
Sur sol plat et perméable, une simple évacuation de surface suffit parfois, si le soubassement ne retient pas de terre humide. Un soubassement qui retient des terres exige une solution réfléchie avant le remblaiement. La barbacane placée dans la plaque peut aider. Elle ne doit jamais être l’unique voie prévue pour l’eau.
Quel dispositif choisir selon le terrain ?
- Mur bas sur sol perméable : une ou plusieurs barbacanes suffisent souvent, à condition qu’elles débouchent dans une zone drainante et restent accessibles.
- Soubassement continu : associez les ouvertures à une bande de gravier propre, placée derrière la plaque.
- Terrain argileux : préférez un drain perforé en pied, un massif filtrant et des sorties rapprochées.
- Terrain très humide : ajoutez un caniveau en amont ou une membrane de protection pour réduire l’eau qui atteint le mur.
- Mur haut ou chargé : faites vérifier la stabilité, les fondations et le drainage par un professionnel qualifié.
Massif filtrant et drain en pied conduisent l’eau vers les barbacanes
Comment filtrer et collecter l’eau ?
Entre la terre et le mur, le massif filtrant joue le rôle de couloir. Il empêche les fines du sol de venir directement contre les barbacanes et guide l’eau vers les points bas.

Le montage le plus courant associe trois éléments. Il y a un géotextile côté terre, une couche de granulats propres et un drain perforé au pied du mur. Le géotextile laisse passer l’eau. Il retient une partie des particules qui boucheraient les graviers et les conduits.
Le montage repose sur cinq éléments :
- Géotextile : posé contre la terre, sans déchirure ni boue, et replié autour du massif drainant.
- Graviers propres : peu de fines, sur toute la hauteur utile du remblai.
- Drain perforé : placé au-dessus du niveau des fondations pour ne pas déchausser la semelle.
- Pente du drain : régulière, de 3 à 10 millimètres par mètre vers le point d’évacuation.
- Barbacanes : elles débouchent dans le massif drainant, jamais directement dans la terre compacte.
Où placer les barbacanes et les regards ?
La première rangée se place en partie basse, sans toucher le sol extérieur. Positionnez l’axe de la sortie 15 à 30 centimètres au-dessus du terrain fini côté aval. Vous limitez ainsi le risque de noyage par la terre, les feuilles ou les dépôts.
La barbacane reste légèrement inclinée vers l’extérieur. Une pente de 2 à 5 % favorise l’écoulement par gravité.
Le diamètre et l’espacement des barbacanes dépendent du projet
Quels diamètres et espacements choisir ?
Il n’existe pas de diamètre unique. Pour les ouvrages privés, les repères vont généralement de 50 à 100 millimètres. Plus le mur retient de terre ou reçoit d’eau, plus le diamètre augmente.
| Situation du mur | Diamètre indicatif | Espacement indicatif |
|---|---|---|
| Petit soubassement, terrain perméable | 50 à 70 mm | 1,50 à 2 m |
| Mur courant avec remblai drainant | 70 à 100 mm | 1,20 à 2 m |
| Sol argileux ou zone humide | 90 à 100 mm | 0,80 à 1,20 m |
Resserrez l’espacement lorsque :
- le sol évacue mal l’eau ;
- le mur reçoit les eaux d’un talus ;
- le remblai contient beaucoup de fines ;
- le drain en pied ne peut pas rejoindre facilement un exutoire.
Quels repères retenir pour votre mur ?
Pour un muret à faible dénivelé, une file basse espacée d’environ 1,50 à 2 mètres peut convenir. Cela suppose que le sol et le drainage le permettent. Sur terrain argileux ou très humide, rapprochez-vous plutôt d’un entraxe voisin de 1 mètre.
Pour préparer le chantier, relevez la hauteur de terre réellement retenue. Ne vous limitez pas à la hauteur totale de la clôture. Notez aussi la position des fondations et celle du drain.
Au-delà de 2 mètres, près d’un bâtiment, ou si le terrain bouge, vous sortez du cas du petit soubassement. Une étude géotechnique précise alors le sol, la présence d’une nappe, le drainage et les poussées à reprendre.
La pose doit laisser s’écouler l’eau sans fragiliser le mur
Comment installer le tube sans créer de désordre ?
Sur un mur neuf, on prévoit les réservations avant le coulage. On le fait aussi avant le montage. La pente va vers l’aval. C’est la solution la plus propre. Vous évitez ainsi de percer plus tard une zone mal choisie ou une armature importante.
Sur un mur existant, le percement demande plus de précautions. Repérez les fondations, les poteaux, les chaînages et les armatures avant de carotter. Un trou trop proche d’un angle ou d’un poteau peut affaiblir l’ensemble. Il en va de même près du bord d’une plaque.
La mise en œuvre suit généralement ces étapes :
- Tracer les sorties en fonction du niveau du sol fini et du drainage arrière.
- Percer ou réserver l’ouverture au diamètre du tube.
- Insérer le conduit sur toute l’épaisseur du mur, avec une pente vers l’extérieur.
- Sceller le pourtour avec un mortier compatible avec le support.
- Raccorder l’arrière au gravier drainant ou au drain en pied.
- Nettoyer la sortie avant le remblaiement, puis vérifier que l’eau circule.
Comment protéger le drainage lors du remblaiement ?
Le remblaiement doit préserver ce que vous venez de construire :
- Le géotextile reste posé sans être poinçonné.
- Le gravier drainant est mis contre le mur, avant la terre.
- La terre fine et les granulats ne se mélangent jamais.
- Le compactage se fait par petites passes.
- Une pente de surface éloigne l’eau de la clôture.
Un compactage trop énergique augmente la poussée sur le mur. Une terre argileuse humide, posée juste derrière le soubassement, peut retenir l’eau. Elle annule alors l’effet des barbacanes.

L’eau évacuée ne doit pas aggraver l’écoulement chez le voisin
Que dit l’article 640 du Code civil ?
L’article 640 du Code civil dit que le terrain bas reçoit les eaux qui coulent naturellement depuis le terrain haut. Il interdit au propriétaire du haut d’aggraver cet écoulement.
Une barbacane ne doit donc pas transformer une infiltration diffuse en jet concentré vers la propriété voisine. Pensez à la limite séparative, à la pente naturelle et à l’endroit où l’eau finira.
Comment prévoir un exutoire adapté ?
Choisissez une solution qui :
- évite le ruissellement directement contre la clôture voisine ;
- ne creuse pas de ravine au pied du mur ;
- reste accessible pour le curage ;
- ne se bouche pas avec les feuilles et les graviers.
L’Agence Qualité Construction rappelle qu’une barbacane doit se trouver plus haut que le drain. Ainsi, un défaut du drain se voit tout de suite. Si l’eau part vers le terrain aval, il faut l’accord de son propriétaire.

L’entretien régulier repère les barbacanes et drains colmatés
Comment contrôler le fonctionnement ?
Inspectez les sorties après les premières fortes pluies, puis régulièrement en période humide. Une barbacane en bon état peut laisser couler un peu d’eau, parfois avec des traces d’humidité ou un dépôt minéral. Elle ne doit pas être bouchée par de la terre ou des végétaux.
Surveillez en particulier :
- la présence de feuilles, de boue, d’insectes ou de cailloux dans la sortie
- l’apparition d’un filet d’eau après la pluie
- les traces de ruissellement ou de ravinement
- les fissures et les gonflements du mur
- l’inclinaison progressive de la clôture
- l’eau qui stagne derrière le soubassement
Que faire en cas de défaut ?
Commencez par dégager la sortie avec une brosse ou un outil souple. Évitez d’enfoncer une tige en profondeur. Vous risqueriez de repousser le bouchon vers le massif drainant ou d’abîmer le géotextile.
Faites appel à un professionnel dès que vous observez :
- une fissure qui s’allonge
- un mur qui se déforme, penche ou bombe
- un affaissement du terrain en amont
- une fuite continue
- une fondation mise à nu
- une barbacane bouchée sur un mur fortement chargé
Ne creusez pas au pied du mur pour chercher le drain. Ne rehaussez pas la clôture sans vérifier sa stabilité. Ces gestes peuvent modifier les poussées et fragiliser les fondations.

Avant de choisir le diamètre ou de commander le moindre tube, prenez le temps d’observer votre terrain pendant le prochain gros orage. Les endroits où l’eau court et stagne vous diront si votre mur retient vraiment des terres et où la barbacane doit déboucher.
Foire aux questions
Quel budget prévoir pour un mur de clôture ?
Le budget dépend de la longueur, de la hauteur, du matériau, des fondations, de l’accès au chantier et du drainage.
Un mur qui retient des terres coûte davantage qu’une clôture sur terrain plat. Il peut demander une étude, un massif drainant, un drain en pied et un exutoire.
Quelle épaisseur de parpaing choisir pour un mur de clôture ?
L’épaisseur dépend de la hauteur, du vent, des fondations et de la fonction du mur.
Un parpaing prévu pour une simple clôture ne suffit pas à lui seul pour un mur qui retient des terres. Il faut tenir compte de la poussée du remblai et de l’eau, ainsi que des fondations et du drainage.
Peut-on construire un muret en parpaing sans fondation ?
Non : un muret en parpaing doit reposer sur une base adaptée à son poids, à sa hauteur et à la nature du sol.
Une fondation mal dimensionnée peut provoquer un tassement, une fissuration ou un basculement. Le risque est plus fort si le muret retient un remblai humide.
Quelle réglementation s’applique à un mur de clôture ?
Elle dépend du plan local d’urbanisme, de la hauteur du mur, de son emplacement et d’un éventuel secteur protégé.
Une déclaration préalable est requise à partir de 2 mètres de hauteur, et dans plusieurs secteurs définis localement.
Est-il possible de construire un mur de clôture sans autorisation ?
Parfois oui, mais tout dépend de la hauteur du mur et des règles de votre commune.
À partir de 2 mètres de hauteur, une déclaration préalable est requise. En dessous, vérifiez le plan local d’urbanisme, car certains secteurs l’exigent malgré tout.





