Un mur de clôture en parpaing peut fissurer ou pencher, souvent parce que ses raidisseurs sont mal placés ou mal ancrés.
La question est donc de savoir à quel écart les poser et comment les ancrer. Dans cet article, nous allons voir comment dimensionner et poser un raidisseur, et quand faire appel à un bureau d’études.
Quelle distance laisser entre deux raidisseurs ?
Pour un mur long, le repère courant est une barre d’acier verticale tous les 3 m. C’est le point de départ de votre plan.

Pourtant, pour un mur de 1,50 m en blocs de 20 cm, l’écart maximal va de 3,3 m en terrain ouvert à 4,6 m en terrain urbanisé, en région de vent 3.
Gardez 3 m comme repère de départ.
Avant de choisir l’écart, regardez les règles de distance entre une maison et la clôture du voisin et ces points :
- La hauteur : plus le mur est haut, plus les raidisseurs doivent se rapprocher.
- Le vent : sur un mur exposé à la mer ou en campagne ouverte, le 8 m ne vaut plus.
- Le terrain : un mur entouré de bâtiments reçoit moins d’efforts qu’un mur isolé.
- Les blocs et les aciers : leur épaisseur et leur ferraillage changent l’écart admis.
Quelles dimensions et quel ferraillage pour le poteau ?
La section et le béton
La largeur du raidisseur suit l’épaisseur du mur, car les blocs raidisseurs doivent avoir la même épaisseur que le mur. Un mur de 20 cm prend donc des blocs de 20 cm d’épaisseur.
Les blocs raidisseurs existent en plusieurs formats, comme 15 × 20 × 50, 20 × 20 × 50 ou 27,5 × 20 × 50 cm. Choisissez celui qui correspond à votre mur, sans supposer qu’un seul format convient partout.
Le béton prêt à l’emploi doit être au moins C20/25, de consistance S4, avec des granulats de 12 mm maximum. Le calcul retient pourtant du C25/30.
Sur place, mélangez un volume de ciment, deux de sable, trois de gravier et un demi-volume d’eau. Le dosage de 350 kg de ciment par m³ n’est qu’un repère, seul un calcul le fixe. Voir les délais de séchage.
Les armatures et les cadres
Ces trois valeurs d’acier ne servent pas au même usage, et il faut savoir laquelle vous lisez avant de choisir votre ferraillage.
| Critère | Guide de clôture (calcul) | NF DTU 20.1 (maçonnerie non armée) | Maçonnerie confinée ou chaînée |
|---|---|---|---|
| Acier longitudinal minimal | 1,50 cm² | 1,50 cm² | 2 cm² |
| Exemple de ferraillage | 4 HA8, ou 4 HA10, ou 4 HA12 | 2 HA10 | 4 HA8 |
| Rôle de la valeur | Valeur retenue dans le calcul du raidisseur | Minimum de disposition, qui ne dimensionne pas seul un poteau | Minimum indiqué, avec des cadres HA5 espacés de 20 cm dans l’exemple |
Comment ancrer le poteau dans la fondation ?
Un raidisseur ne tient que s’il est relié à la semelle. On ligature donc à l’armature de la fondation des fers pliés à 90°, appelés attentes, qui montent verticalement.

Des cales gardent l’armature à distance du sol et du bord du béton, ce qui assure un enrobage minimal de 30 mm. Chaque attente doit dépasser de la semelle pour recouvrir les aciers du raidisseur sur 50 fois leur diamètre.
Pour choisir sa clôture et fixer la fondation, trois paramètres se calculent, sans être copiés :
- La profondeur : 50 cm hors gel au minimum, 1 m en zone montagneuse, 1,20 m en argile d’aléa fort.
- La largeur de la semelle : 50 cm au moins, soit 15 cm de chaque côté pour un bloc de 20 cm centré.
- Le recouvrement des attentes : 50 fois le diamètre, soit 40 cm pour du HA8 et 50 cm pour du HA10.
Le raidisseur, de l’attente au chaînage haut
Le raidisseur part de la fondation, avec des attentes posées sur cales. Ensuite, montez les blocs en gardant les alvéoles alignées d’un rang à l’autre, sinon la section varie.
Placez les armatures par le haut, centrées dans l’alvéole, puis ligaturez-les aux attentes. Décalez aussi les joints verticaux d’un rang à l’autre, d’un tiers à la moitié de la longueur du bloc.

Le chaînage horizontal se place en tête du mur. Il relie les raidisseurs avec des blocs en U et des armatures continues.
Le premier rang doit être plan : 10 mm maximum sous une règle de 20 cm, 15 mm sous une règle de 2 m.
Le béton doit remplir toute la hauteur du raidisseur, piqué ou vibré. Il ne dépasse pas 1,5 m par jour : au-delà, arrêtez-vous au milieu d’un bloc avant la reprise.
Où placer les raidisseurs sur le mur ?
Commencez par les extrémités du mur : un raidisseur à chaque bout, libre ou relié à un autre mur.
La règle générale permet jusqu’à 8 m entre deux joints, mais les tableaux de calcul demandent souvent moins : c’est le calcul qui tranche.
Ajoutez-en de chaque côté d’un joint de dilatation, la fente qui laisse le mur se dilater, et à chaque jonction avec un mur perpendiculaire.
Entre ces extrémités, répartissez les intermédiaires ainsi, et regardez quel capuchon choisir pour votre clôture rigide une fois le montage fini :
- Le nombre de raidisseurs intermédiaires dépend de l’entraxe calculé.
- Un mur de 10 m avec un entraxe de 8 m demande au moins un raidisseur au milieu, en plus des extrémités.
- Le calcul peut en demander davantage.
- Les poteaux de portail se calculent pour les efforts du portail et de ses ancrages, sans remplacer automatiquement les raidisseurs du mur.
Quand faut-il un bureau d’études ?
Un mur qui retient de la terre n’est pas une simple clôture. Il reçoit la poussée des terres, et si l’eau s’accumule derrière lui, une poussée de l’eau en plus.
Dans ce cas, un repère d’espacement ne suffit pas : un bureau d’études doit calculer la stabilité et la semelle, à partir d’une étude géotechnique du sol. Pour l’eau, lisez comment évacuer l’eau derrière le mur.
Le repère ne suffit plus dans ces cas, et il faut faire calculer le mur :
- Au-delà de 1,50 m de haut, l’entraxe des raidisseurs se calcule, jusqu’à 2 m.
- En sous-sol, la poussée des terres peut rendre les blocs creux inadaptés. Il faut alors des blocs de coffrage.
- Pour les fondations, le guide demande un bureau d’études.
- Pour que le calcul tienne, réunissez la hauteur et la longueur du mur, la nature du sol, la région de vent et les charges proches.
Un raidisseur tient si son écart est calculé, si ses attentes sont bien ancrées dans la semelle et si son épaisseur suit celle du mur.
Votre prochain pas : relevez la hauteur, la longueur et la nature du terrain, puis faites vérifier le calcul. Si le mur retient des terres, demandez un bureau d’études avant de couler le béton.
Foire aux questions
Peut-on monter un muret en parpaing sans fondation ?
Non, un muret en parpaing doit reposer sur une semelle de fondation, même s’il est bas.
Sa taille dépend du sol, de la hauteur du mur et du vent, et elle se calcule. Sans elle, le mur risque de fissurer ou de pencher.
Quelle est la différence entre pilier et poteau ?
Le poteau raidisseur est un renfort vertical intégré au mur, alors qu’un pilier de portail porte aussi le portail et ses ancrages.
Ces efforts s’ajoutent à ceux du mur : le pilier se calcule donc pour eux, pas comme un simple raidisseur.
Quelle est la hauteur normale d’un poteau raidisseur ?
Un poteau raidisseur suit la hauteur de son mur : il part de la semelle et monte jusqu’au chaînage en tête. Le guide de clôture calcule les murs jusqu’à 2 m de haut. Au-delà, faites appel à un bureau d’études.




